Le lobby des multinationales s’impose au parlement, une votation populaire aura lieu – Initiative multinationales responsables

Le lobby des multinationales s’impose au parlement, une votation populaire aura lieu

04.06.2020

La conférence de conciliation propose au Conseil national et au Conseil des États d’adopter le contre-projet alibi. Des multinationales comme Glencore et Syngenta ne devront pas répondre des dommages causés mais simplement publier une fois par an une brochure sur papier glacé.

La Conférence des chefs des départements cantonaux de l’économie publique, de larges pans de l’économie comme Coop, Migros, la Fédération des industries alimentaires (fial), ainsi qu’une partie considérable de l’économie romande avaient soutenu le contre-projet du Conseil national, qui aurait mené au retrait de l’initiative. En revanche, le contre-projet alibi n’apporte absolument aucune amélioration mais a pour but de faire croire aux votant-e-s que l’initiative pour des multinationales responsables ne serait pas nécessaire. Le Conseil national et le Conseil des États décideront la semaine prochaine s’ils adoptent ce contre-projet alibi. La votation sur l’initiative pour des multinationales responsables aura probablement lieu en novembre.

 

Dick Marty, co-président du comité d’initiative, commente la décision du jour : « Le contre-projet alibi est inefficace. Nous savons tous que ce sont justement les grandes multinationales les moins scrupuleuses qui publient d’autant plus volontiers de telles brochures. Ces dernières n’auront des pratiques d’affaires responsables que si les violations des droits humains portent à conséquence et qu’elles doivent répondre de leurs actes. » Il ajoute : « Le fort soutien à l’initiative, y compris dans les cercles économiques, me rend optimiste. Je suis très confiant car notre initiative vise une évidence. Lorsque des multinationales polluent l’eau potable ou détruisent des régions entières, elles doivent être tenues responsables de leurs actes. »

 

L’ancien président du Conseil national, le PDC Dominique de Buman, s’est engagé jusqu’à la fin de son mandat au parlement en faveur d’un compromis politique. Il est déçu de la vision à court terme d’Economiesuisse et de Swissholdings, le lobby des multinationales. C’est pourquoi il a désormais décidé de rejoindre les près de 200 autres politiciennes et politiciens en faveur de l’initiative au sein du comité bourgeois pour des multinationales responsables : « Comme de nombreux parlementaires PDC, j’ai plaidé pour un compromis. Celui-ci a échoué. Maintenant, je m’engage en faveur de l’initiative pour des multinationales responsables. Il est évident que des règles contraignantes sont nécessaires pour toutes les multinationales ayant leur siège en Suisse. C’est la seule façon de les inciter à se comporter toutes de manière responsable et à ne pas profiter de la Suisse pour leurs pratiques peu reluisantes. »

 

Large soutien
Aujourd’hui déjà, l’initiative bénéficie d’un très large soutien :

 

120 organisations actives dans les droits humains, l’environnement, le développement et la protection des consommateurs
www.initiative-multinationales.ch

 

Comité d’entrepreneurs « Économie pour des entreprises responsables », composé de plus de 190 entrepreneur-e-s
www.entreprises-responsables.ch

 

Plus de 190 politicien-ne-s du PBD, PDC, PEV, PVL, PLR et UDC dans le « Comité bourgeois pour des multinationales responsables »
www.comite-bourgeois.ch

 

La Conférence des évêques suisses, l’Église évangélique réformée de Suisse, le Réseau évangélique suisse ainsi que de nombreux autres acteurs du milieu des Églises
www.eglisespourmultinationalesresponsables.ch

 

350 comités locaux regroupant des milliers de bénévoles
www.initiative-multinationales.ch/comites-locaux/

 

Ce que demande l’initiative
L’initiative vise à obliger les multinationales ayant leur siège en Suisse à respecter les droits humains et l’environnement. Afin que toutes les multinationales s’en tiennent à cette loi, les dommages commis doivent porter à conséquence. C’est pourquoi les multinationales doivent répondre des violations des droits humains causées par leurs filiales.

Plus de communiqués de presse :

Tous les communiqués de presse ici :