1 Une loi efficace pour des multinationales plus responsables dans l’UE… et en Suisse !

De nombreux pays européens disposent déjà de règles imposant aux multinationales de respecter les droits humains et les standards environnementaux internationaux y compris dans leurs activités à l’étranger. Dans les semaines à venir, l’Union européenne va également présenter une loi sur la responsabilité des multinationales que les États membres devront reprendre en droit national.

 

Pendant la campagne pour notre initiative, la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter s’est constamment retranchée derrière l’excuse que le Conseil fédéral souhaitait une procédure «coordonnée à l’international». Dès que l’UE aura adopté sa loi, cette excuse ne tiendra plus. Mais nous le savons : si nous ne maintenons pas notre pression politique, le lobby des multinationales continuera d’oeuvrer au Parlement pour empêcher que la Suisse suive le mouvement.

NOTRE PLAN :

  • Informer le grand public sur la nouvelle loi européenne sur la responsabilité des multinationales
  • Collaborer avec une coalition politique aussi vaste que possible au Parlement pour que, après le Oui du peuple, la Suisse aussi suive le mouvement international avec une loi efficace
  • Maintenir la pression sur le monde politique avec nos personnes de soutien
  • Travailler en réseau et intensifier la coopération avec les organisations partenaires d’autres pays européens.

2 Documenter les cas de violations de droits humains et responsabiliser les multinationales

Pendant la campagne, nous avons démontré grâce à différentes études pourquoi des règles efficaces pour les multinationales sont nécessaires. En coopération avec des partenaires sur place, nous avons montré à la Suisse que la multinationale LafargeHocim intoxiquait les villageois et villageoises de la région d’Ewekoro (Nigéria) aux particules fines et que Glencore polluait une rivière et l’eau potable avec sa mine de Cerrejón (Colombie).

Le rejet de l’initiative empêche les personnes victimes d’être aidées pour l’instant. Nous voulons rester en contact avec ces personnes et continuer de mener ensemble le combat pour la justice. Pour y arriver, il faut maintenir la pression sur les multinationales concernées, y compris ici, en Suisse.

Une mine de Glencore pollue rivière et eau potable en Colombie.

NOTRE PLAN :

  • Rester en contact avec des journalistes et ONG des régions touchées et documenter les cas de violations de droits humains et de destructions de l’environnement
  • Demander des comptes aux multinationales en Suisse et informer le grand public.

3 Contrôler les effets du contre-projet alibi

On n’avait encore jamais vu pareille manoeuvre : pour combattre l’initiative pour des multinationales responsables et semer la confusion dans l’esprit des votantes et des votants, le Parlement a adopté un contre-projet alibi suite à l’offensive du lobby des multinationales. Les multinationales devront désormais publier chaque année une brochure sur papier glacé pour embobiner le public en lui faisant croire qu’elles respectent déjà les droits humains. Une poignée de multinationales seront censées exercer un devoir de diligence sur des aspects aléatoires (travail des enfants, minéraux de conflit), mais personne ne contrôlera si elles le font vraiment.

 

Pour qu’une loi digne de ce nom sur la responsabilité des multinationales puisse devenir réalité en Suisse, nous devons montrer pourquoi le contreprojet alibi ne changera rien.

NOTRE PLAN :

  • Accompagner l’élaboration concrète du contre-projet (procédure de consultation)
  • Distinguer le vrai du faux dans les grandes déclarations des brochures sur papier glacé des multinationales, avec les ONG et les personnes concernées sur place
  • Montrer aux votantes et aux votants ainsi qu’au monde politique pourquoi il faut enfin des règles efficaces et pourquoi le contre-projet alibi ne changera rien.